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En accord avec la Mairie de Villeneuvette et avec la DRAC, les Amis de Villeneuvette ont pris en charge la restauration de la chapelle de la Vierge Marie dans l’église de la manufacture, avec une participation de la paroisse Saint-Paul Cœur d’Hérault.

 

Comme en 2005 pour le sauvetage de l’allégorie de l’Archange terrassant le matérialisme et l’athéisme, des saintes Claire et Mathilde et du médaillon de saint Edouard, puis en 2007 pour la restauration du mur de l’entrée et de deux médaillons (saint Anne apprenant à lire à la petite sainte Marie et saint Jules), ils ont confié la réalisation à l’Atelier Paillard-Boyer de Montpellier qui a travaillé de janvier à avril à trois artistes : Laurent Paillard-Boyer, Gaétan Bigeault et Nawel Khairat, avec appel occasionnel pour la dorure sur bois à une spécialiste de Cournonterral, Cléo Witthoff. L’entreprise de maçonnerie Façade 34 de M. Ismaïl Alaoui est intervenue pour la restauration de l’autel et des pans de murs latéraux excessivement dégradés.

L’association avait mis trois ans à constituer le pécule nécessaire : il fallait plus de 30 000 €. Cela en a coûté 32 699. Cela aurait pu en coûter davantage, mais,le restaurateur d’œuvres peintes, Laurent Paillard-Boyer, et le maçon, Ismail Alaoui, nous ont offert leur travail sur l’autel  le premier parce que « il aime bien cette église » ; le second, musulman pratiquant, parce que « c’est une église, et chrétiens et musulmans honorent le même Dieu ».

L’autel avait beaucoup souffert de l’humidité dans sa partie inférieure ; il a fallu gratter jusqu’à la pierre et reconstituer un enduit en respectant le galbe originel. La peinture bleue du XIXème était écaillée ; il a fallu la décaper ; dessous sont apparus les restes d’un décor en faux marbre rouge, à la mode du XVIIème et XVIIIème siècles en Languedoc ; il ne restait pas assez des motifs originaux pour les reconstituer : on a rétabli la version du XIXème, qui s’harmonise avec les peintures murales de la chapelle.

Les travaux ont commencé par la voûte de la lunette ; il a fallu boucher les importantes fissures parallèles au mur qui montrent que celui-ci n’a pas parfaitement résisté à la poussée des voûtes ; ces mouvements avaient détaché une zone d’enduit en haut du mur, qui risquait de tomber avec ses peintures : elle a été précautionneusement découpée, déposée, sa face postérieure nettoyée, ainsi que le mur lui-même ; puis elle a été recollée en place solidement. C’est sur la voûte et le haut du mur que les dégâts des eaux avaient le plus dégradé les peintures : elles ne subsistaient qu’à l’état d’écailles qui s’incurvaient progressivement et dont beaucoup étaient tombées ! Elles ont été assouplies et recollées avant un nettoyage délicat. La restauration et la restitution picturale ont permis de redonner à cet ensemble la cohérence esthétique que le temps avait dégradée.

On apprécie maintenant le trompe l’œil représentant un ouverture sur le ciel éclairant une croix qu’on croit voir très en avant d’une coupole ajourée.

On a découvert que le triptyque, au dessus de l’autel, était antérieur à Pauthe : c’est donc entre 1740 et 1870 que la fenêtre de cette travée a été obturée pour mettre en place le triptyque ; en effet, des peintures inconnues transpiraient sous celles de Pauthe ; ces dernières, en se fendillant, ont trahi une décoration pré-existante que  Jules Maistre, le commanditaire, a fait recouvrir. On y entrevoit des motifs végétaux et floraux, un soleil, des rameaux à petites feuilles, on devine des personnages ; les couleurs apparaissaient en quelques points : elles étaient vives, comme l’étaient les premières peintures retrouvées sur les stucs. On retrouve le contraste observé sur les couches successives de papiers peints de la maison de maître de la Grand-Rue : des décors pleins de gaîté au XVIIIème et une mode bien plus austère de la seconde moitié du XIXème.

Le triptyque avait subi des mutilations diverses ; les motifs de stucs les plus en relief avaient mal résisté, brisés ou rongés par l’humidité ; leur dorure avait pour une bonne partie disparu. Il a donc fallu des reconstitutions ou des greffes et reprendre la dorure à la feuille, qui donne un éclat que n’aurait pas une simple peinture.

Dans le panneau de gauche du triptyque, les trois saintes femmes (les patronnes de Marguerite Joséphine Euphémie Delpon enterrée à leur pied) ont retrouvé des couleurs, mais leur expression n’a pas plus de vivacité ! Le méchant petit dragon, que Sainte Marguerite tient en laisse par une chaîne, a posé quelques problèmes d’interprétation, facilement résolus toutefois.

Le panneau central était très abîmé et encrassé par la fumée des cierges et des bougies : les angelots ont retrouvé leur fraîcheur, tout heureux sûrement de couronner à nouveau la statue de la Vierge en bois doré elle aussi restaurée : bien nettoyée, le petit doigt réparé et la dorure à la détrempe complétée.

Le panneau de droite (au dessus de la tombe de l’enfant Joseph Marie Louis Maistre, enterré à leur pied), illustre Saint Joseph, tenant le lys de la chasteté et Saint Louis, tenant la couronne d’épines.

Saint Joseph intriguait le peintre restaurateur : il ne présente pas un visage un peu schématisé, poupin, comme les autres saints et saintes représentés dans l’église ; il  apparaît comme un véritable auto-portrait exécuté d’une touche vive ; coiffure en arrière, moustache et barbichette plus rousses que brunes rappellent l’autoportrait de Jacques Pauthe dans la cathédrale de Perpignan … ! A ses côtés, Saint Louis serait également un portrait et, curieusement, il a la même coiffure et le même visage au nez long et pointu que le voisin de l’autoportrait de Jacques Pauthe à Perpignan !

Avec ces travaux, les Amis de Villeneuvette ont en cinq ans apporté pour l’église municipale plus de 64 000 €. Il en faut autant pour redonner tout son éclat à sa décoration picturale, intéressante par ses aspects religieux mais aussi sociologiques. En janvier 2010, la Commission Régionale du Patrimoine et de Sites a inscrit l’édifice à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques et en avril, nous apprenions que la DRAC participerait à la suite à hauteur de 40%. Municipalité et association recherchent un complément à cette aide.

 

 

 
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